Label Egalité-diversité : qu’en penser ?

Acte 1 : Un avis CGT ouvert et mesuré mais prudent !

Lors de son arrivée dans l’établissement, M. Le Directeur a d’emblée exprimé son souhait d’affirmer la « responsabilité sociétale de l’hôpital » et de lutter contre toutes les formes de discrimination, tout en présentant son plan de retour à l’équilibre (voir ICI) ! Déjà nous pointions le paradoxe, mais saluions les déclarations de principes.

Lors du CHSCT de Juin 2018, la Direction nous informe, qu’elle s’est engagée dans le processus des labels « égalité » et « diversité », avec un calendrier de groupes de travail qui commence dès septembre. La démarche concerne le CH Daumézon, le CH de Corcoué et la mairie de Corcoué.

Ces labels sont attribués par une commission d’état sur la base d’un audit réalisé par l’AFNOR. Il y a d’autres préalables : réalisation d’un autodiagnostic, définition d’une politique, groupe de travail avec des représentants du personnel, dispositif d’écoute et de traitement des réclamations éventuelles, actions de sensibilisation…

Pour tout cela, il y a un coût : plus de 31 000 € !

Ce coût comprend la formation, des frais divers, les audits de l’AFNOR. L’établissement demande la prise en charge de la moitié de ce coût à l’ARS dans le cadre d’un projet CLACT mais s’engage avant de connaître sa réponse.

A l’heure où la psychiatrie est étranglée budgétairement,

comment comprendre que 31000€ puissent sortir des caisses

sur un simple claquement de doigt ?

Vote CGT : abstention prudente. Comme précédemment, nous saluons les intentions louables mais la forme et le coût nous préoccupent fortement. De nombreuses critiques existent sur  les labels ( ICI et ). Ecrans de fumée ? « Opérations d’esbroufe » ? Simples coquilles vides administratives ? Ne voulant pas nous opposer pour nous opposer, nous choisissons l’abstention et resterons vigilants. La CGT, quant à elle, a toujours été au cœur des luttes féministes et contre toutes les discriminations (voir ici le 1er site intégralement consacré au sujet).

NB : Si ce label n’est pas de la poudre aux yeux,

pourquoi attendre pour aligner les salaires des contractuels sur ceux des titulaires

et mettre fin à cette discrimination qui a vu le jour avec le PPCR ?

Acte 2 : ça commence à coincer !

Lors du CHSCT du 10 septembre, 2 coups d’accélérateur :

  1. Dans le document de présentation, nous découvrons que l’expression « représentants du personnel » s’est transformée en « représentants du CHSCT ». Ça ne paraît rien, mais c’est beaucoup. N’inversons pas les choses : le groupe de travail et la cellule d’écoute rendrons compte au CHSCT, et celui-ci validera… ou non. Les groupes de travail (Documents Unique, Comité Vigilance Violence) auxquels participent des membres du CHSCT sont des émanations de ce dernier et engagent la responsabilité juridique de l’établissement, contrairement aux labels. La CGT a donc proposé revenir à la formulation « représentants du personnel » et le CHSCT a voté en ce sens.
  2. Malgré ce vote, le CHSCT a continué à bâtons rompus et a été littéralement vampirisé pas une forme de groupe de travail improvisé en pleine séance : plus d’une heure a été consacrée à remplir d’interminables listes d’items devant servir à l’autodiagnostic. Allez hop, à vue de nez, sans consulter de données objectives, dites-nous par une note de 0 à 2 si vous « pensez » que le sexe, l’âge, le patronyme… sont des critères discriminants pour le recrutement, l’intégration, la formation ou les relations professionnelles… Il y en a 23 comme ça. Chacun répond au feeling et la moyenne des subjectivités exprimées devrait déboucher sur de l’objectivité ?

Et voilà aujourd’hui que nous découvrons que la prise de notes qui a eu lieu pendant le CHSCT est jointe aux documents préparatoires pour le CTE du 02 octobre. Elle est intitulée « document validé au CHSCT » ! Là, franchement, il fallait oser ! Doit-on y voir un exemple du « Dialogue positif » prôné par la direction ? Nous verrons, mais d’ici là :

La CGT continuera de se montrer

bienveillante vis-à-vis des intentions exprimées,

prudente quant à l’outil utilisé,

critique sur la question du coût

et tenace quant au respect des prérogatives des instances.

Lire et télécharger le tract en pdf

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